C’est à 8 h 45, environ, que l’Office de Tourisme accueillait les participants du Safari « au Patrimoine Français » Après quelques conseils de prudence et une dégustation de café, tous ont pris la direction du Manoir situé à Lamnay.

Et c’est sous la directive du propriétaire Walter que le groupe a découvert une importante richesse architecturale encore visible : des sculptures du genre gothique flamboyant, croix de pierre et petite tour etc. En fin de matinée Gérard Clément, le maire de la commune, intervenait sur les démarches engagées concernant la création d’un espace muséographique du site archéologique. Puis une visite de l’église s’imposait.

Pour l’historique signalons que c’est vers l’an 525 que St-Almire serait venu bâtir sa cellule d’ermite à Greez, au pied de la colline, où se situe actuellement le Bas Bourg. Il construira un oratoire dédié à la Vierge puis un autre dédié lui à St-Pierre, là où se trouve l’église.

En 1732, pour le baptême d’une cloche le curé fit raser les armoireries du donateur et présenter la cloche par des pauvres le jour de la bénédiction. St-Antoine, qui prône avec à ses côtés un cochon, fut en 1804, sujet à de nombreux conflit, entre les communes de Melleray et Greez.

Le Maire a ensuite conduit ses invités au lavoir, niché au bas du village, avant de les convier au pot de l’amitié. Celui-ci s’est déroulé au restaurant le « petit Gourmand » tenu par David et Claudette. Cette dernière, artiste peintre, a décoré les murs de nombreux tableaux de sa création qui ont fait la curiosité des visiteurs.

Le programme de fouille archéologique 2003/2007 du village préhistorique :

A 14 h 30, durant plus d’une heure, Jean-Noël Guyodo, professeur à l’Université de Nantes et maître de conférences, accompagné de deux jeunes filles, Audrey et Antonia, a dispensé un cours sur l’archéologie et sur la découverte, après les fouilles, de plusieurs silex taillés et de fragments de céramique du village préhistorique de la motte à Greez sur Roc.

Le programme de fouille archéologique 2003/2007 du village préhistorique daté du Néolithique moyen I (4600-4300 avant J.C) a été poursuivi en 2007 sous sa responsabilité du 24 juillet au 18 août avec une équipe d’une dizaine de personnes et le soutien financier du Ministère de la culture ainsi que l’aide logistique de la municipalité de Greez sur Roc et de la Communauté de Commune de Vibraye.

A l’occasion de son discours, le conférencier a fait allusion aux quatre maisons rectangulaires d’environ 20 m de longueur et 8 m de largeur. Celles-ci ont été fouillées sur plus de 3000 m2, alors que le site s’étend sur près de 2 hectares en rebord de plateau.

Ces bâtiments d’orientations différentes (Nord-sud et Est-ouest) s’organisent autour d’un grand espace central. Les parois en torchis des maisons et la charpente (toutes deux disparues) étaient soutenues par des poteaux porteurs en bois calés au sol dans des blocs de grès locaux massifs et perforés.

Avec cette découverte le village de Gréez sur Roc prend une autre dimension :

L’analyse d’Emmanuel Mens de ces blocs de grès ainsi que ceux présents naturellement en certains endroits du village prouvent leur exploitation par les éleveurs-agriculteurs de la fin de la préhistoire, afin de profiter des plus volumineux ainsi que des moellons arrachés pour niveler le sol utilisés pour la construction.

Le maître des fouilles souligne : «  les analyses des sols entamées en 2005 permettent déjà de mieux comprendre la durée de l’occupation de ce village et de définir certaines zones d’activités et de circulation au sein du village entre les maison. Les nombreux silex taillés (plus de 100 000 à ce jour) et fragments de céramiques (20000) sont actuellement en cours d’analyse et de remontage » « C’est un travail long et fastidieux » conclut le professeur de Nantes.

En réalité ce sont d’innombrables outils en silex qui ont été mis à jour, telles que des haches polies, nécessaires pour le défrichement et l’abattage des arbres. Avec cette découverte le village prend une autre dimension, et apporte un souffle nouveau à cette commune où la préhistoire cohabite avec le présent, un cousinage préhistorique sort de terre, héritage d’un lointain passé qui touche chacun des habitants de ce village qui, semble t-il, s’enrichira dans quelques temps d’un musée.



1OOOOO paires de sabots étaient fabriquées à la main dans une dizaine d’ateliers :

Avant 1914 Greez fut une des plus grandes Saboteries de la région. Cent mil paires de sabots étaient fabriquées à la main dans une dizaine d’ateliers, et c’est à pleine charrette qu’ils étaient transportés en Beauce.

Aujourd’hui tous les sabotiers ici à Greez sur Roc ont disparu mais le village avec ses 2OO âmes, environ et 43O avec les lieudits attire encore les artistes d’un autre genre : des peintres sur toiles, sur soie, des amateurs de patchwork, de céramique.

Ce qui lui attribue un charme supplémentaire. Petite anecdote concernant Greez : «  sous la révolution, un notaire dont la maison était implantée à la place de la Mairie criait chaque matin de sa fenêtre «  Vive la république », tandis que le Sieur Du Plessis, son voisin et ami, lui, criait « Vive le Roi ». Comme toute belle chose à une fin, les convives d’un jour ont pris le chemin du retour, satisfaits de cette journée, malgré la chaleur, les petites côtes et les quelques kilomètres parcourus à pieds.

Michel Lephilipponnat